La première caserne établie à Melun date de 1770 avec la construction d’un quartier à la place du couvent des Ursulines rue Sainte Ambroise sur la rive sud de la ville. En 1780, les dragons du régiment de la Rochefoucault prennent possession des nouveaux bâtiments.
Jusqu’à la fin du 19ème siècle, ce sont principalement des régiments de cavalerie qui vont se succéder dans ce quartier.
Mais de nombreux cas de diphtérie, durant l’hiver 1892-1893, poussent l’Armée à demander la fermeture de cette ancienne caserne. Afin de conserver la présence des militaires, la ville de Melun contribue au financement de nouveaux bâtiments, implantés à la périphérie nord de la ville.
La construction des nouvelles casernes débute en 1897 dans la plaine Saint Barthélémy. Les quartiers Pajol et Augereau représentent 155 000 m² de terrain pour une surface bâtie de 32 000 m².
En 1900 les travaux sont terminés. Le quartier Pajol, destiné à la cavalerie, est occupé à partir de 1904 par le 18ème régiment de Dragons, et la caserne Augereau, destinée à l’infanterie, à partir de 1905 par le 1er bataillon du 31er R.I.
Le quartier Pajol

Général Pajol
Le quartier Pajol est baptisé en souvenir du général Pierre Claude Pajol, organisateur de la défense de la Seine et Marne durant l’invasion de 1814 et qui défendit Melun et reprit Montereau. Cet intrépide cavalier de la révolution et de l’empire dont Napoléon parlait en ces termes : « Pajol, est le seul homme qui sache encore conduire la cavalerie. »
En avant du bâtiment principal du quartier Pajol se trouvait un manège à ciel ouvert, dont l’emplacement est désormais occupé par une vaste place d’armes. Les autres bâtiments servent de logements ou de bureaux. Le bâtiment dans l’angle sud du quartier accueille actuellement le musée de la gendarmerie. Deux bâtiments modernes occupent la partie sud-est du quartier Pajol : le mess et l’hôtellerie.
Le quartier Pajol est occupé successivement par :
1904 – 1913 : 18ème Régiment de Dragons
1913 – 1940 : 13ème Régiment de Dragons
1928 – 1940 : 14ème escadron d’automitrailleuse puis 12ème puis 15ème
1944 – 1945 : Centre de rassemblement des FFI
1945 – 1946 : 1er Régiment d’Artillerie Coloniale
1946 – 1948 : Régiment de Marche du Tchad
1948 – 1951 : Groupe de Transport 526
1951 – 1977 : 1er Régiment d’Artillerie Coloniale puis1er Régiment d’Artillerie de Marine
1979 – 1984 : 16ème Régiment d’Artillerie
Depuis 1987, l’Ecole des Officiers de la Gendarmerie Nationale
Le 1er RAMa occupe donc le quartier Pajol durant deux périodes distinctes.
Après le 8 mai 1945, le régiment remonte vers Paris pour participer au défilé du 18 juin 1945 à Paris. Il bivouaque dans la région de Chelles et de la Ferté sur Jouarre. C’est d’ailleurs à Chelles que le 24 septembre l’étendard du régiment recevra la Croix de l’ordre de la libération et la Croix de guerre 1945. Une solution de casernement pérenne est trouvée fin octobre. Le premier groupe du régiment est stationné au quartier Pajol du 31 octobre 1945 à mars 1946, date à laquelle le régiment est dissous pour laisser place aux I/1er RAC et II/1er RAC. La première occupation est donc très courte puisqu’elle ne dure que 5 mois. Durant cette période, les autres groupes du régiment seront stationnés à Fontainebleau et Provins.
La seconde période est beaucoup plus longue puisque le régiment va stationner au quartier Pajol durant 26 années. C’est fin mai 1951 qu’une première batterie du régiment prend ses casernements.
A la requête du colonel Le Berre, qui commande le régiment depuis sa reconstitution depuis le 1er juillet 1951, le conseil municipal de Melun accepte de renommer le quartier Pajol en quartier Pajol et Laurent-Champrosay après un vote à l’unanimité le 10 mai 1952.
Le 18 juin 1952, soit un mois après l’accord de la ville, le quartier est officiellement rebaptisé Pajol et Laurent-Champrosay afin de rendre hommage à celui qui fut l’âme du RA FFL.
La cérémonie est présidée par le général Juin et le général de Larminat et une stèle en hommage au colonel Laurent-Champrosay est inaugurée dans le quartier en présence de Madame Laurent-Champrosay.
Le général de Larminat prononce un très émouvant discours et, après avoir évoqué les circonstances de la mort de Laurent-Champrosay le 19 juin 1944, conclut :
« Je m’étais juré alors, qu’il y aurait un jour, en France, un quartier militaire d’artillerie, un régiment portant le nom de Champrosay. Grâce à la compréhension de la municipalité de Melun, c’est aujourd’hui chose faite. »
Le 18 juillet 1954, le régiment forme le I/10ème RAC aux ordres du chef d’escadron Kleim pour rejoindre la Tunisie puis le 27 février 1956, c’est le II/1er RAC qui est constitué, sous les ordres du chef d’escadron Schmidt, pour être déployé en Algérie. Ces départs entraînent une modification de l’organisation du régiment et c’est ainsi que le 1er juin 1956, le régiment devient le centre d’instruction dépôt / 1er Régiment d’Artillerie Coloniale et se regroupe sur Melun en abandonnant sa partie secondaire à Vincennes. Sa mission consiste alors à préparer les contingents pour l’Algérie dans une mission d’infanterie. Le régiment perd alors sa mission artillerie.
Les troupes coloniales devenant troupes de marine le 1er juin 1958, le régiment devient alors le centre d’instruction dépôt / 1er Régiment d’Artillerie de Marine sans changement de structure.
Le 1er juin 1964, le régiment fait partie des unités sauvegardée lors de la nouvelle réorganisation des armées. Il retrouve sa mission d’artillerie et reprend la dénomination de 1er Régiment d’Artillerie de Marine. Il est constitué d’une batterie de commandement et des services, de quatre batteries sol-sol équipées de 105 HM2 et d’une batterie sol-sol équipée de 155 BF 50.
Le 22 février 1966, il devient régiment de la 12ème Division Militaire Territoriale de Paris qui dépend de la 1ère Région Militaire chargée de la Zone de Défense de Paris, c’est à dire un régiment de réserve générale.
Le 1er septembre 1967, le régiment devient le régiment d’artillerie organique de la 2ème Brigade Motorisée, héritière de la 2ème Division Blindée dissoute.
Le 31 mai 1968, alors que la 2ème Brigade Blindée rentrait des camps de manœuvre de Champagne, les événements placent le régiment au cœur de l’actualité. En effet, ce jour là se tenait la grande manifestation de soutien au général de Gaulle sur les Champs Elysées et les mouvements de retour de manœuvre du régiment ont été interprétés comme un déploiement de troupes autour de Paris pour mettre un terme aux manifestations. Certains allant même jusqu’à dire que les 155 allaient tirer sur Paris ! Il n’en était rien, mais plus le régiment se rapprochait de Melun, plus la population était nombreuse le long de la route pour l’applaudir, dans une atmosphère qui rappelait celle de la libération. (Mémoires du général Maldan alors chef de corps du régiment).

155 m/m AMF3
Son matériel est mis à niveau en 1970 avec son équipement en canons automoteurs de 155 m/m AMF3 montés sur châssis AMX 13. Avec une portée maximale de 20 kilomètres, il peut tirer 6 coups en 2 minutes. Cela représente une évolution importante aussi bien en terme de mobilité et de rapidité de mise en batterie. C’est le début d’une période de 20 années d’utilisation avant qu’il ne soit remplacé en 1990 par le 155 m/m AUF1.
Le 1er septembre 1977, le régiment, commandé par le colonel Leclerc, quitte la garnison de Melun pour rejoindre celle de Montlhéry.
En 1979, le quartier retrouvera son nom originel de Pajol après le départ du 1er RAMa alors qu’il accueille le 16ème régiment d’artillerie arrivant de Trèves.
Le quartier Augereau
Le plan général de la caserne Augereau est identique à celui du quartier Pajol, avec un vaste bâtiment principal ouvrant sur une place d’armes. La place d’armes est bordée au nord par un corps de logis de même style que le bâtiment principal, à l’ouest par un corps de logis des années 1950, et au sud par un gymnase des années 1960. A l’arrière du bâtiment principal s’étendent des annexes en rez-de-chaussée, ajoutées dans les années 1930-1950.
Le quartier Augereau est occupé successivement par :
1905 – 1914 : 31ème Régiment d’Infanterie (1er bataillon)
1926 – 1940 : Garde républicaine 8ème compagnie de la 1ère légion
Depuis 1945, L’école de gendarmerie
En 1987, l’EOGN occupe les deux quartiers qui conservent leurs individualités.
En 2007, les deux quartiers sont réunis au profit de l’EOGN. La rue qui sépare le quartier Pajol de la caserne Augereau est intégrée à l’ensemble pour former le nouveau quartier.
Le 1er septembre 2024, l’EOGN devient l’Académie militaire de la gendarmerie nationale.

