Depuis la constitution officielle de l’artillerie de la marine en corps en 1692, de nombreux hommes se sont succédé pour commander les différentes unités mise sur pied. La notion de colonel à la tête d’un régiment est assez ancienne et concernait en priorité les régiments d’infanterie et de cavalerie du ministre de la Guerre, on parlait alors de Mestre de camp.

La marine ayant toujours voulu se démarquer de la Guerre, n’a que très rarement adopté la structure régimentaire, préférant des organisations plus spécifiques. Cela se comprend aisément car dès qu’un régiment de la marine était constitué, le ministre de la Guerre faisait tout pour l’incorporer à ses effectifs.

On peut identifier trois périodes distinctes concernant l’artillerie de la marine.

De 1692 à 1761 consacre les commissaires généraux de l’artillerie de la marine, officiers supérieurs chargé d’administrer les unités de bombardiers attachées aux trois grand ports de guerre de Brest, Toulon et Rochefort. Le commissaire général de l’artillerie de la marine est subordonné à l’intendant du port. Ils reçoivent le commandement des galiotes lors des expéditions et ont rang de colonel. Ils sont nommés par le Roi qui leur délivre une commission.

De 1761 à 1792 qui se caractère principalement par l’adoption du modèle de la brigade sous les ordres d’un chef de brigade. La charge de chef de brigade est supérieure à celle de colonel et sera tenu par des capitaines de vaisseau.

A la suppression des brigades, elle sera remplacée par celle de directeur d’artillerie. Cette fonction est intimement liée au port de rattachement et tenue par un capitaine de vaisseau. Il s’agit alors de gérer et d’entrainer la compagnie de bombardiers du port. C’est une évolution de la fonction de commissaire général de l’artillerie de la marine.

De 1792 à 2015 la structure régimentaire, exceptionnellement ½ brigade et bataillonnaire, est définitivement adoptée.

Le colonel commande le régiment et n’a plus uniquement un rôle de gestionnaire. Si le colonel ne participe jamais aux nombreuses expéditions coloniales, il sera totalement engagé lors des guerres majeures.

De 1813 à 1814, en 1870, de 1914 à 1918 et de 1939 à 1945, les colonels du 1er RAMa s’illustreront à la tête du régiment .

Ces considérations faites, il convient donc de dissocier 2 périodes :

1692 à 1803 : Période durant laquelle les structures et organisations de l’artillerie de la marine n’ont pas de colonel. Vous retrouverez dans ce document de nombreux noms auxquels on a attribué par erreur la charge de colonel.

1792 à 2015 : Période durant laquelle on peut véritablement parler de colonel et de chef de corps. Vous découvrirez également que certains noms sont absents, tels Archinard, Borgnis Desbordes, Maillie ou Bonnard, pourtant présents sur les tables de marbre à l’entrée de l’état-major du régiment. L’explication est tout simplement que les deux premiers ont été inspecteurs de l’artillerie de marine mais n’ont jamais commandé le régiment, tandis que les deux derniers ont soit été commandant en second, soit commandé la partie détachée du régiment à La Rochelle.