Mise en œuvre par le régiment (1884 – 1914)
Bien que le canon de 80 m/m ait été mis en service dans les régiments d’artillerie du ministère de la guerre depuis 1880, la marine conservait l’usage du canon de 4 de montagne pour ses déploiements dans les colonies.
Tout bascule en 1884 durant la campagne du Tonkin. La première expédition qui conduit à la prise de Sontay en décembre 1883 se fait uniquement avec du canon de 4 de montagne. Afin de poursuivre la conquête du Tonkin, le commandant en chef obtient des renforts, notamment deux batteries du 12ème RA équipé de 80 de montagne. Très rapidement, ce canon montre sa supériorité sur le 4 de montagne dans tous les domaines. Cela conduit la marine à se doter en urgence de deux batteries de 80 de montagne en octobre 1884.
C’est ainsi que pour la colonne de Langson, l’artillerie de marine arme deux batteries de 4 de montagne et deux batteries de 80 de montagne. Les 4ème bis du capitaine Roperh et 5ème bis du capitaine Pericaud s’illustreront aux différents combats de la campagne, validant définitivement ce nouveau canon.
A compter de 1884, l’artillerie aligne systématiquement le 80 de montagne dans ses opérations aux colonies. On le retrouve en 1892 au Dahomey, avec la 8ème batterie bis du capitaine Delestre, et également en 1895 à Madagascar, avec la 7ème batterie du capitaine Julien, la 8ème batterie du capitaine Bouchet et la 9ème batterie du capitaine Bergeret. A chaque fois, l’ingéniosité des bigors permettra d’adapter au pays les techniques de transports.
Si au Tonkin, le transport par chevaux annamites se relève décevante, celui par filanzane à Madagascar prouve toute son efficacité.
Une autre évolution est à signaler en Afrique avec l’utilisation des dromadaires lors de la campagne du Tibesti en 1913-1914. C’est le lieutenant Ballif, futur chef de corps du régiment, qui réalisera l’adaptation du système de transport qui permettra la traversée de près de 1000 Km de désert saharien.
A compter de 1902, les régiments d’artillerie coloniales en métropole, transforment deux batteries montées en batterie de montagne. Il y a ainsi deux batteries à Lorient et deux à Cherbourg. A la création du 3ème RAC en décembre 1902, deux nouvelles batteries de montagne sont créées à Toulon.
Le premier conflit mondial marque la fin de l’utilisation de ce canon qui aura contribué à écrire quelques-unes des heures de gloire de l’artillerie coloniale. Certaines colonies continueront à le mettre en œuvre entre 1919 et 1924 avant son remplacement définitif par le canon de 75.
Le canon de 80 de montagne en image par territoires